ACCEPTATION ET SPONTANÉITÉ

La nature s’illumine en octobre de couleurs de feu, elle libère, elle redonne toute la lumière emmagasinée durant le printemps et l’été. La nature lâche prise… bientôt les arbres et les plantes vont se déshabiller et tout va rentrer peu à peu en soi-mêmes. Comme une expiration ! Un cheminement vers le dénuement de l’hiver. Et pour nous aussi c’est le moment d’abandonner le faire, privilégié pendant l’été, pour l’être… accepter de lâcher nos chères tensions jusqu’au plus intime de nous-mêmes… accepter de lâcher le superflus… peut-être accepter aussi de lâcher nos erreurs, nos peurs, nos manques… lâcher l’idée d’avoir raison… et écouter les messages qui arrivent jusqu’à nous. Cette écoute et cette acceptation nous révèlent l’orientation intime de la source de notre être… constamment, à chaque souffle. Se laisser porter par ce souffle comme la feuille est invitée par le vent à rejoindre la terre… laisser mourir dans notre terre chaque instant passé, ainsi cette terre nourrit le possible. Sans ce lâché prise pas de nouveau possible ! La nature nous émerveille constamment, le vol synchronisé des oiseaux, le développement et l’évanescence des nuages… la créativité des plantes pour pourvoir à la survie de leur graines… la danse d’un renard sur une colline à la fois libre et à l’affut de tout… Nous sentons à quel point tout cela se fait de soi-même, comme le souffle qui nous traverse et nous anime. Nous sentons, nous connaissons intimement cette spontanéité, elle nous habite, nous l’oublions à cause de nos délires de contrôle, nos peurs ancestrales… mais nous pouvons la laisser réapparaitre et elle émerge dès que notre présence illumine le paysage. Se laisser toucher chaque jour par la beauté ou l’émotion de l’instant nous éveille à la liberté joyeuse qui nous habite et tout ce qui a été vécu pleinement peut mourir sans regret comme les feuilles qui s’abandonnent aux caprices du vent et nourrissent la terre. Une leçon que nous enseigne l’Automne chaque année !
Les stages d’octobre seront donc axés sur l’ACCEPTATION et la SPONTANÉITÉ :
– Le 12 octobre à Roc’h an Dour à Plouezoch chez Chantal.
– Le 13 octobre à Telgruc au Foyer des Jeunes près du tennis.
– Le 19 octobre à Rennes à la Maison de Associations, 6 cours des Alliés.

RENTRÉE ET STAGE AOÛT

Bonjour à tous
La rentrée arrive ! Les cours commencent le Lundi 9 Septembre.
Nous avons eu le plaisir de faire un stage chez Chantal à Plouezoc’h au mois d’août. Il faisait beau et c’était très agréable. Voici quelques photos prises par Béatrice Mary.
Le prochain stage est le 28 septembre à la maison des associations à Rennes.




Les émotions et le yoga du Cachemire

Pendant le dernier stage à Plouezoc’h dans la baie de Morlaix nous avons parlé des émotions :
Dans le yoga du Cachemire on ne cherche pas à gommer les émotions qui nous traversent. On ne veut pas les dépasser ou les surmonter, ni non plus les mettre en exergues. Parce que profondément on ne veut pas être autre que ce que l’on est dans l’instant.
La joie, la colère, le trouble, le manque, l’exaltation, la douleur, le rire, la peine, l’inquiétude, l’émerveillement, la peur… sont bienvenus. Ça nous traverse, c’est là, c’est la vérité de l’instant, on ne zappe rien, on se laisse traverser…
On ne veut pas non plus psychologiser… mentaliser, croire qu’on va comprendre… tant qu’on rentre dans les méandres de la psychologie, on cherche des solutions, on veut échapper à ce qui est. On croit que ce qui est n’est pas bien… que ça doit être changé… Et on donne beaucoup beaucoup d’énergie à cette activité. Tout le temps on entretient des réseaux de pensées autour des faits… On tisse des histoires. C’est une mise à distance. Une récupération par le mental du vécu immédiat.
Il n’y a rien à comprendre. On veut comprendre pour se rassurer… pour s’approprier les situations… les contrôler… c’est un ajournement du face à face…
Quand on lâche cette activité pour se consacrer à vivre ce qui est en direct, tel quel, sans l’arranger— on récupère une très grande énergie. On réalise que rien n’est bien ou mal. C’est là, c’est la beauté de l’instant, on ne résiste pas… on ne juge pas… Et cette énergie après quelque temps de ce silence du mental se transforme en clarté.
Sans chercher à comprendre.
Une clarté se donne.
C’est l’intuition. Buddhi l’intelligence intuitive branchée sur les informations de la Conscience. Le divin en nous. On sait… sans explications… c’est lumineux… Ça n’a rien à voir avec patauger dans les marasmes du mental (manas) et de la psychologie à quatre sous qui prévaut dans les magasines d’aujourd’hui. Quelques soient les explications qui sont trouvées par ces chemins tortueux, elles nous entraînent dans des labyrinthes sans fin ni centre et ça finit par être décevant, déprimant et usant…
C’est vrai que quelque fois on observe qu’on n’arrive pas à vivre en direct les émotions proposées et on perçoit alors toutes nos stratégies d’ajournement… Mais voir nos ajournement, nos prétentions, avoir cette honnêteté, peu à peu nous ramène aussi à la clarté… Seule cette clarté fait réellement sens. Sentir est un privilège.
Si nous ne jugeons plus sentir avec notre mental en sélectionnant ce qui serait bien et rejetant ce qui nous semblerait mal, toutes les sensations deviennent beauté, expression de la Grande Déesse Shakti. Notre peur est merveilleuse, notre colère, notre joie, notre trouble vécus en direct sont merveilleux… inouï * ! Et l’inouï nous emplit de joie… nous exalte au plus savoureux de nous-mêmes !
La magie et la joie de vivre sont juste là, à portée de notre écoute… Simplement se laisser être en toute franchise est la non-voie du yoga non-duel du Cachemire.
* ”l’inouï” est le pas encore entendu, dixit François Julien.

Kate Giquel