Bonjour à tous, 

En cette période troublée,
Ne laissez pas votre pratique de yoga devenir de la gymnastique de santé même si la gymnastique de santé semble une réponse adéquate en cette période de confinement.
En fait ce serait dommage, ce serait un manque de clarté.

Le yoga est infiniment plus que ça. Et ce plus est justement ce dont nous avons vraiment besoin.

Même si la situation est extrêmement troublante, il ne s’agit pas de se rassurer. Si on en ressent le besoin, bien sûr, simplement observez cela. Mais nous ne pourrons nous rassurer que momentanément et de manière illusoire… L’incertitude de cette période nous tracasse ? Regardons-la en face. Nous pouvons le faire si nous comprenons que cette situation nous demande, nous suggère puissamment d’aller à l’essentiel. Car seul un retour à l’essentiel peut nous soulager et nous apaiser véritablement. La pratique du yoga propose précisément cela.

Cet essentiel est ce qui est au-delà du connu, du répertorié, au-delà de ce que notre mental a emmagasiné. Et cet essentiel se touche donc quand on se tait, quand on devient silencieux et qu’on écoute… quand on est disponible ! On parle alors de spirituel et on ne sait plus très bien ce que cela veut dire dans cette époque troublée depuis trop longtemps.

On sent que c’est là, à portée de soi… mais on ne peut savoir où!

Les hindouistes l’appelle Brahman, les chinois Tao, les chrétiens Dieu… certains parlent de l’Esprit… Mais les Hébreux ont bien précisé que le nom de dieu est imprononçable… les chinois ont dit que le Tao dont on peut parler n’est pas le Tao, et les indiens ne prient pas le Brahman car c’est l’Absolu, il est partout et en même temps hors de ce qu’on peut saisir…

C’est pourtant toujours de cet essentiel dont il est question. Sous différentes appellations. Cet essentiel nous habite tous et nous en avons une nostalgie immense cachée par toutes sortes de stratégies complexes et même, étrangement, nous cherchons constamment à nous divertir pour éviter de le laisser émerger.

Les enseignements traditionnels nous disent qu’on ne peut pas chercher l’esprit, que c’est lui qui nous trouve. Donc la seule chose que l’on puisse faire est de se laisser trouver. En réalité ce n’est pas un faire mais un non-faire. Cette période de confinement peut être l’occasion de ce non-faire.

Nous sommes en train de perdre nos certitudes, le monde tel que nous le connaissons s’écroule devant nos yeux. Or justement, nos croyances et nos certitudes faisaient obstacle, nous emprisonnaient, alors que cet état d’incertitude est propice, il nous rend disponibles… nous pouvons nous laisser trouver… C’est maintenant que nous sommes libres. Ne cherchons pas à savoir, à comprendre, à nous rassurer en trouvant des causes ou des coupables. Laissons plutôt cette brèche s’ouvrir dans la coquille du connu et laissons la lumière qui est au-delà, en nous-mêmes, nous imprégner.

Nous avons besoin de nous poser et de rester dans cette disponibilité, immobile, silencieux (et être silencieux ce peut être écouter notre agitation)… En ne faisant vraiment rien… en  ne cherchant rien, mais en étant là !

Ensuite cette lumière nous suivra partout, toute la journée et toute la nuit dans tout ce que nous avons à faire malgré cette période de confinement. 

Cet état de disponibilité qui laisse la lumière ou l’esprit nous trouver est la seule chose qui puisse fondamentalement nous apaiser et nous rendre tranquilles et joyeux quoi qu’il arrive.

Nous sentons alors que nous sommes là où nous devons être, où que nous soyons (même au premier étage d’un HLM en ville !)

Choyons au contraire ce temps hors du temps qui nous convoque à une présence intemporelle. Même si éventuellement il nous convoque dans la maladie, laissons brûler ce qui nous sépare de l’essentiel. En réalisant cet élan immense et merveilleux qui nous habite, retrouvons la sérénité et la joie durablement.

Je vous souhaite le meilleur

Kate Giquel

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